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L'ultime convergence sera celle de l'Homme et de la Machine
Mercredi 6 Juin 2007

Extrait du compte rendu de UpFing 2007 / http://www.internetactu.net/?p=7098


Du Memex au double cerveau
Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’intelligence artificielle et de sciences cognitives à l’université Pierre et Marie Curie a présenté ses vues sur les techniques d’amélioration, externes (comme l’exosquelette qui décuple la force physique) ou internes (comme l’implant sous cutané qui peut permettre de manipuler un objet distant), notamment dans le domaine intellectuel.

Pour augmenter les perceptions, Steve Mann poursuit un travail depuis les années 70 qui va plus loin que ce que peuvent faire des implants. Ses étudiants portent des lunettes qui leur permettent de partager l’expérience d’un autre à distance. La réalité virtuelle aussi permet d’éprouver la plupart des perceptions (en excluant les sensations olfactives) à distance. Mais notre cerveau sera-t-il en mesure de suivre cette multiplication des sources d’information, cette explosion des perceptions ? Une augmentation des facultés intellectuelles s’avérera-t-elle nécessaire pour rester dans le mouvement ? Jean-Gabril Ganascia imagine, comme dans sa nouvelle,Le soixante-cinquième anniversaire d’Isidore Alpha (.rtf), un moyen de séparer les hémisphères du cerveau, comme le font les dauphins, afin qu’il y en ait toujours un qui fonctionne lorsque l’autre dort. Ou alors, on peut employer des moyens externes comme l’imaginait Vannevar Bush, qui, dans les années 30, avait inventé le “memex”, un système de classification externe de la mémoire personnelle, et ce avant même la généralisation des ordinateurs. Le “memex” a donné par la suite naissance à l’hypertexte de Ted Nelson, puis au Web. Dans son article As we may think (1945), Vannevar Bush imagine d’ailleurs des augmentations plus “intrusives”, la connaissance se déversant directement dans le cerveau via un système électronique, nous permettant d’apprendre en dormant par exemple.

A ce sujet Jean-Gabriel Ganascia note comment une technique d’amélioration peut avoir une importante postérité culturelle. En effet les premiers théoriciens de l’hypertexte faisaient souvent référence aux neo-structuralistes français, comme Foucault , Barthes, Derrida… Mais avec le web on est passé d’une surlecture à une sous-lecture : les philosophes français des années 60 utilisaient la métaphore de l’hypertexte pour mieux analyser ce qu’ils avaient lu, alors qu’aujourd’hui, l’hypertexte sert surtout à lire plus vite.

Dans un futur lointain, certains imaginent même qu’on pourra “télécharger” le contenu d’un cerveau biologique vers une machine. Conservera-t-on alors notre identité ? Le philosophe Derek Parfitt a imaginé la mémoire d’un individu A transférée vers un individu B et réciproquement. L’un d’eux meurt. Qui est le survivant ?

Quelques liens
  • http://www.internetactu.net/?p=7098
    http://www-poleia.lip6.fr/~ganascia/indexfr.html
    http://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Mann
    http://www.openfing.org/upfing/images/Isidore_Alpha.rtf
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ted_Nelson
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vannevar_Bush
    http://www.theatlantic.com/doc/194507/bush
    http://en.wikipedia.org/wiki/Derek_Parfit

Jerome Bouteiller
Rédigé par Jerome Bouteiller le Mercredi 6 Juin 2007 à 12:32





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